De Wever sauvé par Maingain ?

Un ami m’a justement fait remarquer qu’il manquait un cas de figure à mon billet décrivant un Bart De Wever dans l’impasse. Les élections évidemment. Simplement je pensais que les élections ne seraient de toute façon pas pour tout de suite, pas avant le mois de juin comme l’a dit Luc Van der Kelen. D’autant plus qu’un article du Tijd expliquait doctement que l’on attendrait le mois de mars où de grosses sommes devaient être levés pour financer la dette belge. Une fois les sommes empruntées, on irait peut-être aux élections si le spread avec l’Allemagne le permettait. Et d’ici juin, De Wever se serait suffisamment enferré dans l’impasse pour que sa popularité en pâtisse.

Mais il est vrai que, étant dans l’impasse, il a tout intérêt à en sortir le plus vite possible et ne pas laisser la situation s’éterniser. Mais pour aller aux élections maintenant, il faudrait un gros clash. Peut-être que le FDF est en train de lui fournir, en refocalisant le débat sur BHV et la périphérie, c’est-à-dire l’enjeu le plus émotionnel et le plus symbolique (et sans aucun intérêt sur le fond). Au-delà de cet enjeu, il y a aussi le retour de Maingain, dont chaque image et chaque parole donne des voix à De Wever. Je me souviens d’un commentaire d’un membre de la NVA il y a trois ans (à l’époque où, dans le cartel, la NVA pesait 5 ou 6%) qui expliquait que, à chaque fois qu’Olivier Mangain passait dans les média flamands, le lendemain le téléphone chauffait et il recevait de nouvelles adhésions.

Et Maingain est bien passé lundi soir. Son visage en grand sur l’écran du studio, son « interview » où il prend bien soin de répondre en français aux questions posées en néerlandais par le journaliste de la VRT, tout était là pour provoquer une montée d’urticaire chez le téléspectateur flamand. A suivi le « Terzake » avec comme invité Christian Van Eyken, le seul député francophone du parlement flamand, qui avançait des « solutions » évidemment imbuvables pour les flamands. Le lundi matin, Olivier Maingain avait d’ailleurs lancé un « vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine Bruxelles et la périphérie » des plus engageant au dialogue.

Mais la mission de Didier Reynders dure encore une semaine et peut-être que tout ceci n’est qu’une répartition des rôles : Maingain jouant le mauvais flic et Reynders le bon. A voir, mais si on va jusqu’au bout de cette logique, le résultat de la mission de Didier Reynders ressemblera comme deux gouttes d’eau à la dernière que lui a confié le roi en avril 2010. Il devait ramener le FDF à la raison et l’on a finalement eu des élections. Le tout en mettant la NVA parfaitement sur orbite et en donnant au MR le pire résultat de son histoire en Wallonie. Alors, bis repetita ?

Errare humanum est, perseverare diabolicum (Il est humain de se tromper ; persévérer [dans l’erreur] est diabolique). Espérons que Didier Reynders ai envie de laisser un autre dernier souvenir de sa carrière politique.

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A propos vlaborderie

Politologue français vivant en Belgique
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