Interviews croisées à propos de l’Ukraine et de l’avenir de l’Europe

Le pure player Français Atlantico m’a sollicité pour une interview croisée à propos de l’Ukraine et sur le thème de l’Europe retraitée de la grande histoire. Le résultat mêle les points de vue de trois universitaires (David Engels, Johan Rochel et moi-même) en posant des questions communes. Le résultat m’apparait fort intéressant, avec des interventions qui se complètent plus qu’elles ne s’opposent. Vous trouverez cet article ici.

Concernant l’un des points essentiels de mon propos – l’affirmation d’une Europe politique sous leadership allemand – je ne saurais trop vous conseiller l’écoute de l’Esprit Public du 23 février dernier consacré notamment à la politique étrangère allemande. De manière générale, je ne saurais trop vous conseiller l’écoute de cette émission tous les dimanches à 11h sur France Culture. L’idée fondamentale est que, avec une Grande-Bretagne en train de prendre le large et une France dont le capitaine de pédalo se débat pour encore longtemps dans des problèmes internes, l’Allemagne est la seule puissance européenne qui a la capacité et la volonté de prendre le leadership d’une Europe s’affirmant dans son environnement régional.

L’autre aspect essentiel concerne l’Ukraine et la distinction que je fais entre trois zones (Est, Ouest, et Crimée) et non deux comme la plupart des observateurs. En effet, les forces politiques majoritaires des deux premières zones (Ukraine de l’Est et de l’Ouest) désirent rester en Ukraine et voient leur pays comme un pont entre l’Europe et la Russie. Tous désirent avoir une position équilibrée entre leurs deux voisins, même si le contenu concret de cet « équilibre » à trouver est différent entre l’Est et l’Ouest. C’est précisément ce consensus de principe que Ianoukovitch a brisé en refusant l’accord d’association avec l’UE. S’il y a une différence de point de vue sur ce que doit être l’Ukraine, les populations de ces deux zones veulent globalement rester ensemble.

La Crimée est dans une situation très différente. Cette péninsule a été « offerte » par Khrouchtchev à l’Ukraine en 1954. République autonome, elle est peuplée en majorité de Russes et non d’Ukrainiens russophones comme dans l’est de l’Ukraine. Surtout, la Russie y dispose de sa principale base navale en Mer Noire, à Sébastopol. S’il y a un risque séparatiste en Ukraine, c’est en Crimée qu’il se trouve et non à l’est du pays. La Russie pourrait ainsi être tentée d’y reproduire peu ou prou la politique menée en Abkhazie et en Ossétie du Sud qui a privé la Géorgie de ces deux territoires. Celle-ci mêle le soutien à des revendications indépendantistes et la délivrance massive de passeports russes (transformant ainsi les habitants en citoyens russes qu’il est légitime de protéger) pour finalement assurer un contrôle de fait du territoire.

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A propos vlaborderie

Politologue français vivant en Belgique
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